En clair
L'arbitrage sur valeur liquidative consiste à profiter du décalage de temps entre le moment où le prix d'un fonds d'investissement est fixé (une fois par jour) et l'évolution réelle des prix des actifs qu'il détient sur les marchés. Par exemple, si une action américaine grimpe fortement après la clôture des bourses européennes, un investisseur peut tenter d'acheter un fonds européen contenant cette action avant que son prix officiel ne soit mis à jour le lendemain.
Étymologie
Le terme « arbitrage » vient du latin arbitratus, désignant le pouvoir de décider ou de juger. En finance, il désigne l'exploitation d'une différence de prix. La « valeur liquidative » (ou NAV pour Net Asset Value) est la valeur théorique d'une part de fonds obtenue en divisant l'actif net par le nombre de parts.
Exemples concrets
- Un investisseur achète des parts d'un fonds d'actions japonaises à Paris en fin de journée, alors que la bourse de Tokyo a déjà fermé sur une forte hausse qui n'est pas encore totalement répercutée dans le prix affiché du fonds.
- L'utilisation de logiciels algorithmiques pour détecter des écarts de valorisation sur des fonds de petites entreprises (small caps) dont les actifs s'échangent peu fréquemment.
Ne pas confondre avec…
Il ne faut pas confondre l'arbitrage sur valeur liquidative avec le Late Trading. L'arbitrage utilise des informations publiques avant l'heure limite de passage d'ordre, tandis que le Late Trading (illégal) consiste à passer un ordre après l'heure limite tout en bénéficiant du prix de la veille.
Cadre légal & réglementation
En France, l'Autorité des marchés financiers (AMF) et, au niveau européen, l'ESMA encadrent strictement ces pratiques. Les sociétés de gestion ont l'obligation de traiter tous les porteurs de parts de manière équitable et doivent mettre en place des dispositifs pour limiter ces arbitrages qui se font au détriment des investisseurs de long terme.
Cas pratiques notables
Pour contrer ces pratiques, de nombreux fonds appliquent désormais le swing pricing : un mécanisme qui ajuste légèrement la valeur liquidative à la hausse ou à la baisse en cas de gros flux d'achats ou de ventes, afin que les frais de transaction soient supportés par l'arbitragiste et non par les autres épargnants.
À retenir
- C'est une stratégie qui exploite le délai de mise à jour du prix d'un fonds (FCP, SICAV).
- Cette pratique peut réduire la performance globale du fonds pour les épargnants classiques.
- Les régulateurs imposent des mécanismes de protection (frais d'entrée, swing pricing) pour décourager ces comportements.
Synonymes
Antonymes
Questions fréquentes
Est-ce une pratique légale ?
L'arbitrage sur valeur liquidative n'est pas strictement illégal s'il respecte les horaires de passage d'ordres, mais il est jugé contraire à l'intérêt des porteurs de parts. Les sociétés de gestion ont le droit et le devoir de refuser des ordres suspectés de 'market timing'.
Quel est l'impact pour un petit épargnant ?
Ces arbitrages génèrent des frais de transaction internes au fonds qui grignotent légèrement la rentabilité de tous les épargnants. Pour protéger votre épargne, vérifiez si votre fonds applique des mécanismes anti-dilution. Consultez un conseiller financier pour analyser les frais de vos placements.
Conseils pratiques
Pour les gestionnaires de PME ou les particuliers, il est conseillé de privilégier des fonds qui affichent clairement des mécanismes de protection comme le swing pricing ou des commissions de rachat acquises au fonds. Cela garantit que votre investissement ne sera pas dilué par des mouvements spéculatifs à court terme. Pour toute stratégie d'investissement complexe, sollicitez l'avis d'un conseiller en investissements financiers (CIF) ou d'un expert-comptable.