En clair
Se dit d'une organisation où les décisions et la direction ne sont pas assurées par un seul patron, mais collectivement par l'ensemble des travailleurs. Par exemple, dans une boulangerie autogérée, les boulangers décident ensemble des horaires, des salaires et des investissements sans lien de subordination classique.
Étymologie
Composé du préfixe grec auto- (soi-même) et du participe passé du verbe gérer (du latin gerere, conduire/exécuter). Le concept a pris une dimension politique et économique forte en France dans les années 1960 et 1970, notamment autour du mouvement de l'autogestion ouvrière.
Exemples concrets
- Une SCOP (Société Coopérative et Participative) de développement informatique où chaque salarié possède une voix lors des assemblées générales.
- Un supermarché coopératif où les clients-travailleurs assurent eux-mêmes la gestion des stocks et les passages en caisse.
- Un collectif d'artisans partageant un atelier et gérant en commun les frais fixes et le planning sans gérant hiérarchique.
Ne pas confondre avec…
Il ne faut pas confondre l'autogestion avec le management horizontal : ce dernier réduit les niveaux hiérarchiques mais conserve souvent une direction finale, tandis que l'autogestion supprime la figure du patron au profit du collectif. À distinguer aussi de l'auto-entrepreneur, qui travaille seul et ne gère pas de collectif.
Cadre légal & réglementation
En France, l'autogestion s'incarne principalement à travers l'Économie Sociale et Solidaire (ESS) et la loi du 10 septembre 1947 sur la coopération. Les statuts de SCOP (Société coopérative de production) ou de SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif) permettent de formaliser juridiquement ce mode de fonctionnement tout en respectant le Code du commerce.
Cas pratiques notables
L'affaire de l'usine horlogère LIP en 1973 reste le cas emblématique en France, où les ouvriers ont repris la production et la vente de montres par eux-mêmes suite à un dépôt de bilan, popularisant le slogan « On fabrique, on vend, on se paie ».
À retenir
- Démocratie directe : 1 personne = 1 voix, quel que soit le capital investi.
- Responsabilité partagée : les membres assument ensemble les succès comme les risques.
- Transparence : l'accès à l'information financière est crucial pour la prise de décision collective.
Synonymes
Antonymes
Questions fréquentes
Une entreprise autogérée peut-elle faire des bénéfices ?
Oui, l'autogestion n'exclut pas la rentabilité. La différence réside dans la répartition de ces bénéfices, souvent réinvestis dans l'entreprise ou partagés équitablement entre les travailleurs.
Est-ce légal de ne pas avoir de patron en France ?
Juridiquement, une société doit avoir un représentant légal (gérant ou président), mais dans une structure autogérée, ce rôle est souvent tournant ou purement administratif, les décisions de fond étant prises collectivement. Il est recommandé de consulter un avocat spécialisé en économie sociale et solidaire pour rédiger les statuts.
L'autogestion fonctionne-t-elle pour les grandes entreprises ?
C'est plus complexe à cause de la logistique de prise de décision, mais certaines coopératives emploient des centaines de salariés en utilisant des systèmes de délégation révocable.
Conseils pratiques
Pour réussir un projet autogéré, il est indispensable de définir des règles de gouvernance claires dès le départ : comment prend-on une décision en cas de désaccord ? Comment intègre-t-on de nouveaux membres ? Il est fortement conseillé de se faire accompagner par des réseaux spécialisés (comme l'Union régionale des SCOP) et de consulter un expert-comptable habitué aux spécificités de la gestion coopérative pour valider la viabilité du modèle économique.